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Séminaire de Formation au Management de la douleur et des Soins palliatifs en Cancérologie

 Le séminaire de Formation au Management de la douleur et des Soins palliatifs en Cancérologie aura lieu les Samedi 13 et Lundi 15 février 2016.

En partenariat avec l'Alliance Mondiale contre Le Cancer (AMCC), l'Association Francophone des Soins de Support (AFSS), le Registre des Cancers de Brazzaville (RCB) ainsi que de l'Union Congolaise contre le Cancer (UCC).

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Cancers de l'enfant: LES CANCÉROLOGUES CONGOLAIS PLAIDENT POUR PLUS D'ACTIONS DE SENSIBILISATION

Célébrée le 15 février de chaque année à l’initiative de la Fédération Internationale des associations des parents d'enfants malades de cancer, de l'Union Internationale Contre le Cancer, de la Société Internationale de l'Oncologie Pédiatrique, la Journée Internationale des cancers de l'enfant vient de connaitre sa deuxième célébration au Congo.

 A cette occasion, une conférence a été organisée par la Fondation Calissa Ikama avec l’appui de la représentation au Congo de l’Organisation Mondiale de la Santé. C'était, le samedi 28 février 2015 à l'Hôtel Azur "Le Gilbert's" Pointe-Noire.

Co-animée par le Professeur Jean Félix Peko, responsable du Laboratoire d'Anatomo-pathologie du CHU de Brazzaville et Président du Groupe Congolais d'Oncologie Pédiatrique, le Professeur Judith N'sondé Malanda, cancérologue Médicale au CHU de Brazzaville, et par le Dr. Armand Thouassa, Cancérologue à l'Hôpital Adolphe Sicé de Pointe-Noire, l’objectif de cette conférence était : sensibiliser le public sur la problématique de la prise en charge des cancers de l'enfant au Congo.

Prenant la parole en premier, le Docteur Armand Thouassa, a indiqué que 18 cas des cancers pédiatriques, en majorité les rétinoblastomes (cancer de l'œil) ont été suivis dans ses services.

Docteur Thouassa a déploré le fait que dans la plupart des cas, les malades arrivaient à des stades très avancés et que les seuls traitements qu'ils arrivaient à administrer dans ces cas n’étaient  que palliatives (prolonger la vie d’un malade, soigner la douleur, sans pouvoir le guérir).

La deuxième conférencière, le Professeur Judith N'sondé Malanda, a aussi déploré les arrivées tardives des malades, qui réduisent sensiblement les chances de guérison.

Au total,  ce sont 75 enfants qui ont été pris en charge en 2014 au CHU de Brazzaville : 40 cas avec les protocoles du GFAOP (Groupe Franco-africain d'Oncologie Pédiatrique),  18 cas hors protocole et 17 cas non encore diagnostiqués. Une augmentation de 150% par rapport aux données des hospitalisations de 2013.

Pour le professeur N'sondé, avec l'arrivée des aides en médicaments du GFAOP, il se pose désormais un sérieux problème d'éthique qui met les médecins dans un embarras total:"Comment dire à un parent qu'il doit payer ses médicaments, alors que juste à côté, un autre enfant reçoit ses cures de chimiothérapie gratuitement?"

Le Professeur Judith N'sondé a ensuite rappelé les principaux signes d'alarme des cancers de l'enfant.

En terminant son exposé, le professeur N'sondé a recommandé l'organisation de plusieurs campagnes de sensibilisation en vue de réduire les arrivées tardives dans les centres de prise en charge.

Le dernier intervenant, le professeur Jean Félix Peko, a parlé de l’organisation de la prise en charge thérapeutique des cancers pédiatriques au Congo. « Le Groupe Congolais d’Oncologie Pédiatrique est une société savante en constitution. »

« Les objectifs du Groupe Congolais d’Oncologie Pédiatrique sont :  Promouvoir les soins de qualités par les réunions de concertation pluridisciplinaires, l’élaboration du plan national d’implantation des unités d’oncologie pédiatrique,  plaider pour la gratuité des traitements, promouvoir la formation de médecins spécialistes et des infirmières en oncologie pédiatrique, promouvoir l’oncologie pédiatrique au CAMES, contribuer à la recherche dans les cancers de l’enfant en collaboration avec le comité d’éthique et la Faculté de Médecine de l’Université Marien Ngouabi. » a-t-il souligné.

Les différentes communications ont été précédées par la lecture du message du Ministère de la Santé et de la Population. C’est Monsieur Emile MAKOUMBOU de la Direction Générale de lutte contre la maladie qui s’est chargé de transmettre ce message.

Comme l’ont bien souligné les différents intervenants à la conférence, la lutte contre la sous-information et le déficit de communication sur les cancers pédiatriques, s’impose comme une priorité des priorités.

Le Professeur Charles Gombé Mbalawa, chef du service de cancérologie du CHU de Brazzaville, l’a précisé dans une lettre adressée aux responsables de la Fondation Calissa Ikama : « L’arrivée tardive est occasionnée par le manque d’information et d’éducation sanitaire».

Pour le professeur Gombé, il faut une campagne de communication pour inverser la tendance : « Il faudrait un peu plus de campagne d'information et de sensibilisation des parents d'enfants car, tant que les enfants arriveront à des stades très avancés, les traitements ne nous donnerons pas les résultats escomptés. »

C’est pourquoi, le Professeur Gombé souhaite que ces campagnes de communication soient plutôt agressives afin de toucher toutes les couches de la population : «Les spots d’information (en français, lingala et kituba) sur la nécessité de consultation systématique régulière, l’information constante sur les signes d’alertes doivent inonder les médias ».

C’est donc à juste titre que la Fondation Calissa Ikama a décidé de focaliser davantage son action sur la lutte contre la sous-information et le déficit de communication sur les cancers pédiatriques en 2015.

Le programme de la célébration de la journée internationale des cancers de l’enfant, s’est poursuivi dans la soirée avec le Diner de charité offert par la Fondation Calissa Ikama en présence de Madame Emilienne Raoul, Ministre des affaires sociales, de l’action humanitaire et de la solidarité, de Monsieur Philippe Mvouo, Président du Conseil Supérieur de la Liberté de Communication et du Docteur Fatoumata Nafissatou Dialo, Représentante de l’Organisation Mondiale de la Santé au Congo, envoyée spéciale de la Directrice Régionale de l’Organisation Mondiale de la Santé-Afrique.

Sur 102.000.000 de FCFA recherchés pour financer son plan d’action en 2015, la Fondation a pu lever 41.655.000 FCFA, dont 27.155.000 avant et pendant la soirée et 14.500.000 FCFA sous forme de promesse de don.

KP

Cancer : le Congo veut réduire la mortalité d’ici à 2017

CHU BrazzavilleLe gouvernement du Congo s'est fixé deux ans pour réduire le nombre de décès dus au cancer. Actuellement sur 100% des malades hospitalisés, on compte 15% de cas cancéreux admis au CHU de Brazzaville.

Parmi les mesures, avant 2017 : la gratuité des soins, la subvention régulière des hôpitaux en médicaments spécialisés et l’instauration d’un forfait abordable pour les familles des malades. Pour l’heure, la cure de traitement d’une moyenne de 15 jours coûte entre 300.000 et 500.000 francs CFA.

Le ministère de la Santé prévoit également une politique rigoureuse de prévention en collaboration avec les ONG de lutte contre le cancer. Les professionnels de santé persistent et signent : le dépistage permet de détecter des lésions précancéreuses et cancéreuses afin de mieux soigner, voire prévenir l'apparition du cancer. Les ONG souhaitent l’accès des cancéreux aux technologies de base telles que la radiothérapie afin de constituer une véritable priorité dans le programme de développement post 2015. Et, le renforcement des méthodes de sensibilisation de la population au cancer ; la création d’un Centre de lutte contre le cancer qui sera équipé de nouvelles technologies pour permettre aux personnes atteintes ainsi qu'aux soignants d'être visibles sur les réseaux sociaux d’assistance et de partage.

Quelques chiffres sur le cancer...

Les statistiques nationales sur le cancer n’existent pas encore au Congo afin de mieux organiser la lutte contre cette maladie. Cependant, à Brazzaville, le registre des cancers qui existe depuis 1996 rapporte, pour la période 2010-2013 sur l’ensemble des patients diagnostiqués, 43,6% sont des hommes, 52,6% des femmes et 4,3% des enfants.

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