Congrès mondial contre le cancer dans :
Toggle Bar

RDC: Rapport de la Journée médicale du 17 Avril 2011 à LUBUMBASHI

Plus de 120 médecins du Katanga (Lubumbashi et environs) avaient rehaussé de leur présence à cette sensibilisation sur le cancer. L’Ordre Provincial des Médecins était le principal organisateur et avait confié la tâche des interventions aux membres de la Ligue congolaise contre le cancer (LCCC).

Le premier orateur, le Docteur Julien, Président de la LCCC avait rappelé l’inexistence du registre de Cancer en RD Congo et l’absence des statistiques en rapport avec le cancer. Il avait rapporté les informations suivantes sur le cancer à Lubumbashi : le diagnostic de cancer concerne plus de 25% des échantillons examinés entre 1996 et 2006. Le cancer est diagnostiqué dans 63,3% chez les femmes et dans 36,7% chez les hommes. L’âge moyen des patients est de 44 ans (écart type 19 ans). Les localisations les plus fréquentes si on ne tient pas compte des lymphomes ganglionnaires, sont le col utérin et le sein qui sont observées dans 17,7 et 10,6% de toutes les localisations. Chez la femme, cette répartition se confirme avec la majorité des cancers au niveau du col utérin (55,4%) et du sein (30,7%). Le carcinome est majoritairement diagnostiqué par rapport au sarcome (65,6 et 35,4%). Il a également plaidé pour la mise sur pied d’un Registre National de Cancer.

Le deuxième orateur, le Docteur Aimée Mudekereza, parlant des Leucémies Aigues chez les enfants, a attiré l’attention de l’assemblée médicale sur la symptomatologie et la para-clinique des patients pour le diagnostic précoce et pour l’amélioration de la prise en charge de ce groupe de patients. L’anémie associée à d’autres signes d’insuffisance médullaire et à la présence des blastes dans le sang périphérique et la moelle osseuse devaient alerter l’attention des cliniciens.

Le troisième orateur, le docteur Cathy Saleh, chirurgienne a épinglé les difficultés de la prise en charge chirurgicale des patients souffrant de cancer. Par manque de centre de Radiothérapie en RD Congo, la chirurgie seule ou associée à la chimiothérapie est l’unique voie de lutter contre le cancer. Les patients les mieux nantis sont transférés à l’étranger pour une prise en charge complète, mais malheureusement, beaucoup n’arrivent pas à être sauvés car ils arrivent tard et ne peuvent  être insérés dans les protocoles thérapeutiques.

Le quatrième orateur, le Docteur Albert Tambwe, gynécologue, parlant de la prévention du cancer du col utérin, voulant montrer l’importance de la lutte contre le cancer par la prévention, avait rapporté les fréquences du cancer du col utérin dans le Département de Gynécologie des Cliniques Universitaires de Lubumbashi. Le cancer du col est cliniquement diagnostiqué dans 2,4% des toutes les consultations gynécologiques. La létalité est de 42,8% et plusieurs patientes sont déclarées perdues de vue. La majorité des malades sont aux stades cliniques 3 et 4 au moment de l’admission. Il avait également plaidé pour une implication nette des dirigeants politiques dans la lutte contre le cancer.

Le dernier intervenant, le Docteur Julien Ilunga, était revenu sur le podium pour rappeler les objectifs de la Déclaration Mondiale contre le Cancer ainsi que les stratégies proposées afin de lutter efficacement contre le Cancer. Dans son exposé, il avait également fait l’état des lieux de la RD Congo : le pronostic du cancer est aggravé par les préjugés, l’insuffisance aussi bien d’un personnel qualifié que des équipements médicaux. L’accès au diagnostic anatomopathologique est rendu difficile par la pauvreté de la population majoritaire. En effet, à peu près la moitié des patients n’ont pas une confirmation histopathologique de leur diagnostic clinique de cancer. Il a enfin présenté la Ligue congolaise contre le cancer et une autre association qui lutte contre le cancer en RD Congo et qui est membres de la LCCC: le COPL (Comité d’Oncologie Pédiatrique de Lubumbashi, 2009). C’est  une unité pilote du Groupe Franco-Africain d’Oncologie Pédiatrique qui prend en charge les enfants cancéreux par la chimiothérapie. Le but de la LCCC (Ligue Congolaise Contre le Cancer, 2010) est d’aider tous les malades de tout âge et leurs familles à lutter contre le cancer.