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Retour sur le Sommet de l'ONU sur les MNT

ONU11Le Sommet de l’ONU sur les maladies non transmissibles (cancer, maladies cardio-vasculaires, maladies respiratoires et diabète) a réuni plus de 30 chefs d’Etat et plus de 100 Ministres ou experts.

Ces deux jours sont se déroulés de la manière suivante : une séance plénière et 3 tables rondes sur les thématiques suivantes :

1. L’incidence croissante des maladies non transmissibles, leurs conséquences sur le développement, entre autres défis à relever, leur impact socio-économique, ainsi que les facteurs de risque qui leur sont associés.

2. Le renforcement des capacités nationales, ainsi que les politiques appropriées, pour prévenir les maladies non transmissibles et lutter contre celles-ci

3. Encourager la coopération internationale, ainsi que la coordination, pour faire face aux maladies non transmissibles

Les Etats ont adopté une déclaration afin que tous les secteurs (gouvernements, société civile, secteur privé) agissent ensemble afin de mettre en œuvre d’ici 2013 les plans adéquats afin de lutter contre les facteurs de risque des MNT.

 

Les chiffres clés du Sommet sur les MNT : un tsunami sanitaire et économique

36 millions de morts en 2010 (60% de la mortalité mondiale)

Parmi ces 36 millions de morts :

  • 80% interviennent dans les pays à faible et moyen revenus
  • 9 millions sont des morts prématurés (avant 60 ans)

Durant les deux prochaines décennies, les MNT coûteront 47 000 milliards US$ (soit 75% du PIB mondial de 2010).

Les moments forts du Sommet

La séance plénière

Adoption de la déclaration à l’ouverture de ses travaux la Déclaration politique sur les MNT.

Président de l’Assemblée général : Nassir Abdulaziz Al-Nasser

Secrétaire général, Ban Ki Moon : accuse certaines industries de "placer la santé publique en situation de risque afin de protéger leurs profits

Directrice générale de l’OMS: Margaret Chan : "Nous plaidons pour des règles strictes pour l'usage du tabac"

UICC, Princesse Dina Mired de Jordanie : Souligne la dénomination péjorative des « maladies non transmissibles » alors qu’elles sont le premier tueur mondial.

Mme ANDA FILIP, Observatrice permanente l’Union interparlementaire (UIP), a estimé que les discussions sur les MNT souffrent d’une perception erronée. En effet, ces maladies qui avaient été taxées de « maladies des riches », touchent maintenant de plein fouet les pays à faible et moyen revenus. Les parlementaires sont appelés, selon la représentante, à jouer un rôle crucial pour se battre en faveur de changements d’attitude et de comportement, aider leurs concitoyens à faire des choix sains, s’opposer aux intérêts commerciaux des grandes corporations et mettre en place les législations requises.

 

Table ronde 1 : L’incidence croissante des maladies non transmissibles, leurs conséquences sur le développement, entre autres défis à relever, leur impact socio-économique, ainsi que les facteurs de risque qui leur sont associés.

LES PARTICIPANTS AUX TABLES RONDES SUR LES MALADIES NON TRANSMISSIBLES PRÉCONISENT UNE TAXATION RENFORCÉE DES TABACS, ALCOOLS ET SUCRES (source)

Par de l’impact économique de certaines de ces maladies, le représentant de la Thaïlande a estimé qu’en 2009, les méfaits du tabac et de l’alcool ont coûté près de 7 milliards de dollars à son pays.

Tirant l’alarme face aux coûts induits des maladies non transmissibles sur les économies, le représentant de l’École de santé publique de l’université de Harvard a fait remarquer que des études récentes indiquent que le monde va dépenser plus de 47 000 milliards de dollars dans les 20 prochaines années pour la prise en charge des malades souffrant des MNT. Il a relevé que ce montant représente près de 25 fois le montant total de l’aide publique au développement de ces 20 dernières années.

La représentante de la Banque mondiale a indiqué que les MNT ont un impact majeur sur l’économie, car elles augmentent les prix des assurances et absorbent des fonds que les États et les entreprises privées auraient investis dans d’autres domaines. Les MNT, a-t-elle relevé, touchent les populations en âge de travailler, réduisant le nombre de travailleurs disponibles. « Les MNT réduisent les heures de travail de 50% en Égypte et conduisent à la perte de 12% du produit intérieur brut du pays (PIB)». Elle a souhaité la mise en place de mesures multidimensionnelles et une réaction des autorités nationales des différents pays, ceci en appui aux mesures internationales.

Dans son intervention, le représentant de l’Union européenne a regretté que les MNT soient la cause de 4 millions de décès par an dans les 27 pays de la communauté, soit 86% de décès dans toute l’Union européenne. Il a noté que le vieillissement de la population devrait malheureusement faire augmenter l’impact des MNT sur les populations. En outre, a-t-il relevé, des législations antitabac sont mises en œuvre au sein de l’Union européenne, et des mesures similaires sont engagées pour lutter contre la consommation d’alcool.

 

Table ronde 2: Le renforcement des capacités nationales, ainsi que les politiques appropriées, pour prévenir les maladies non transmissibles et lutter contre celles-ci

IL FAUT PROMOUVOIR DES MODES DE VIE PLUS SAINS POUR FAIRE FACE AUX MALADIES NON TRANSMISSIBLES, PRÉCONISENT DES DÉLÉGATIONS (source)

« Il faut de toute évidence investir dans la prévention, en tant qu’élément du développement économique durable », ont ainsi insisté des participants au rang desquels le Président de la Hongrie. Tous ont reconnu que, pour réussir, la prévention, tout comme la maîtrise des maladies non transmissibles, il est important de mobiliser les volontés politiques au plus haut niveau de chaque État.

L’imposition de taxes et d’impôts spéciaux sur la vente des produits alcooliques et sucrés, mais aussi sur le tabac ainsi que sur certains produits alimentaires pouvant conduire à l’obésité a été l’une des mesures fortes préconisée par la majorité des intervenants, dont les délégations de la Norvège, du Pérou et la Finlande. « La lutte contre le tabagisme est également une des priorités du Canada », a ajouté la représentante de ce pays à la table ronde.

Concernant la Finlande, la représentante de ce pays a estimé qu’il faut, au niveau des États, intégrer la santé dans tous les domaines de politique nationale. En matière de santé, a-t-elle poursuivi, il est fondamental de mettre l’accent sur la prévention et la promotion de l’exercice physique au niveau scolaire. Elle a, par ailleurs, révélé que son gouvernement avait mis en place de nouvelles taxes sur la vente de tabac et d’alcool et sur celle des produits pouvant conduire à l’obésité. Elle a estimé que toute action contre les MNT devait inclure les organisations de la société civile. Elle a enfin appelé la communauté internationale à apporter son soutien aux pays à faible revenu ayant besoin de ressources pour s’attaquer aux MNT.

« On ne peut lutter contre ces maladies non transmissibles que par le biais d’une stratégie intersectorielle » a, pour sa part, maintenu la représentante de la Norvège. Au titre des initiatives locales, elle a présenté la nouvelle signalétique sur les produits comportant des graisses et du sel à une quantité qui pourrait être à risque. « Mon pays a également mis en place une politique de taxe sur le tabac pour aller vers la réduction du nombre des fumeurs », a-t-elle dit, avant de s’insurger contre les menaces économiques faites par les industriels du secteur du tabac contre son pays.

« La lutte contre le tabagisme est également une des priorités du Canada », a dit la représentante de ce pays en soulignant que les écoles enseignent aux enfants les comportements sains à adopter en la matière. La stratégie contre le cancer montre aussi la détermination canadienne à lutter contre ces MNT, a-t-elle encore dit. « Il est important d’atteindre les populations reculées, a par ailleurs insisté la représentante, en soulignant que le Centre de recherche sur les MNT de son pays offrira son soutien aux pays à faible ou à revenus intermédiaires.

Xavier Bertrand a souligné que nous devons aller plus loin si on veut atteindre les objectifs : 25% de réduction de la mortalité d’ici 2025. Tabac en France: interdiction de publicité, de vente mineur, de fumer dans les lieux publics et l’aide à l’arrêt est en partie remboursée mais ce n’est pas assez. Car la prévalence augmente en particulier chez les femmes. Il salue l’exemple Australie : il y a toujours des domaines à exploiter (référence aux paquets neutres). Il faut des financements : idée OMS d’un prélèvement sur le tabac sur l’industrie ne doit pas être un tabou si on veut combattre les MNT. Il faut combattre l’obésité : changer les comportements. Comme l’OMS le préconise : taxer les boissons sucrées comme en France : il faut changer aussi le comportement de l’industrie. La santé est plus importante que l’économie. Il faut travailler ensemble que MNT soient incorporées dans l’agenda du développement.

 

Table ronde 3 : Encourager la coopération internationale, ainsi que la coordination, pour faire face aux maladies non transmissibles (source)

La représentante de l’OMS a de son côté estimé que le manque de ressources freine l’obtention de succès face à la propagation des MNT, et elle a souhaité que l’industrie pharmaceutique fasse preuve de plus de souplesse en ce qui concerne les prix des médicaments. Regrettant que les stratégies de marketing dictent les goûts et finalement les habitudes de consommation, même en ce qui concerne des produits comme le tabac et les boissons sucrées chez les classes les plus jeunes et les enfants, elle a appelé à une coopération internationale responsable dans ce domaine et a affirmé que son organisation jouera son rôle en ce sens.

Dans la perspective de cette coopération internationale, la représentante de l’Australie a souligné que les compagnies de tabac sont des multinationales. De ce fait, a-t-elle relevé, il faudrait prendre des mesures coordonnées à l’échelle internationale pour lutter contre les méfaits du tabagisme. Annonçant la mise en place, par l’Australie, d’un fonds pour lutter contre le tabagisme dans les pays en développement, elle a averti que « les compagnies de tabac allaient certainement lutter bec et ongles pour préserver leurs ventes et leurs profits ». « Mais nous devons lutter pour sauver les vies humaines mises en danger par le tabagisme et d’autres excès », a dit la représentante.

Le représentant de l’Union internationale des télécommunications a quant à lui estimé que les télécommunications, qui ont joué un rôle majeur dans le déclenchement et le déroulement du « printemps arabe », pourraient également être un puissant catalyseur pour l’éducation des populations et pour l’amélioration des soins de santé ayant un rapport avec des MNT.

Le représentant de l’organisation « Livestrong » a évoqué la coopération de son institution avec l’équipementier sportif Nike dans la lutte contre le cancer.

Enfin, la représentante de l’Association internationale des consommateurs a appelé l’industrie agroalimentaire à produire des aliments plus sains, et elle a suggéré la mise en place d’un code éthique auquel les entreprises de l’agroalimentaire seraient astreintes.

 

Séance de clôture

Le Maire de New York, M. Michael Bloomberg, est intervenu par la suite pour présenter les avancées faites dans sa ville pour combattre les MNT, notamment en passant des réglementations restrictives sur la teneur en matières grasses des aliments, et sur le tabac interdit à la fois dans les lieux publics fermés, dans les parcs et sur les plages. Les efforts consentis ont permis à la population de New York d’avoir une espérance de vie plus élevée que dans le reste des États-Unis, a-t-il assuré, annonçant que cette dernière a même augmenté de plus d’un an et demi entre 2000 et 2008. M. Bloomberg a souligné que même si elle ne suffit pas, une action gouvernementale demeure essentielle. Il a précisé que la ville de New York a augmenté les taxes sur les cigarettes où le prix du paquet atteint désormais 11 dollars. « Il y a aujourd’hui 450 000 fumeurs de moins qu’en 2002 à New York, ce qui représente 1 500 vies sauvées chaque année »

Dans ses remarques de clôture de cette Réunion de haut niveau, le Président de l’Assemblée générale, M. Nassir Abdulaziz Al-Nasser (Qatar) a annoncé que l’Assemblée se pencherait lors de sa soixante-septième session sur les moyens de renforcer et de faciliter les actions multisectorielles pour la prévention et la maîtrise des MNT. Il a néanmoins enjoint les délégations à ne pas se focaliser uniquement sur certaines maladies, estimant que les maladies mentales, notamment la dépression, faisaient aussi peser une menace majeure sur la santé et le bien-être de la population à travers le monde.

  

Synthèse

Points positifs Points négatifs
Références à l’ingérence des industries (OMS, Norvège, Australie) Aucun indicateur chiffré
Proposition de discuter d’une taxe sur les industries du tabac (France) Aucun engagement sur les ressources afin de lutter contre les MNT
Grandes fédérations impliquées dans la lutte contre les MNT (Union Internationale des télécommunications, livestrong, comité Olympique international) Faible présence des chefs d’Etat
Début de partenariat Nord/Sud (Canada)  
Renforcement des taxes sur le tabac, l’alcool et les sucres  
Rapport du forum économique sur le coût des MNT  
Succès de la lutte antitabac (New York)